Soutien-Addicts Hennebont

Définitions de la maladie

Définition(s) de la maladie alcoolique :

Il y a autant de définitions que de personnes malades.
La maladie alcoolique en elle-même, existe –t-elle au départ ? C’est une question fréquente.

J’aime répondre à la normande OUI et NON.

OUI tous les patients rencontrés, victimes de la dépendance sont malades.

  • Malades des conséquences de l’alcool (on appelle ça les « dommages » en lien avec l’alcool).
  • Malade de la dépendance, de l’addiction. Et là c’est tout le fonctionnement « raisonnable » du cerveau qui est touché. Le cerveau malade ne sait plus, ne peut plus écouter sa raison.
  • Malade d’avoir endommagé la notion de plaisir, après l’avoir amplifiée par les effets du produit, la sensation de plaisir s’atténue lors des alcoolisations mais aussi dans la vie en général.

NON Au début de l’alcoolisation, la maladie alcoolique n’est pas là.
L’alcool est un piège, une solution à une douleur, à une souffrance.
Mais comme le dit si bien Reggiani, le réveil est pire :
« saloperie d’alcool,
Tu repousses la déprime,
Mais le réveil n’en est que plus douloureux.
Pas à cause de la gueule de bois,
Mais parce que la chute est terrible. »
Le piège étant bien installé le produit peut faire ses dégâts, sur le corps, la pensée, le cerveau, la notion de plaisir. La maladie prend vite le dessus et la volonté n’a plus qu’à accepter sa totale impuissance.

Mais tout n’est pas perdu, fort heureusement.
La personne dépendante peut réagir, soit par « déclic », soit par pression de l’entourage, soit parce qu’elle a touché le fond, soit parce que la maladie et ses conséquences deviennent plus douloureuses que ce que l’alcool était censé soulagé au départ, soit parce que la justice s’en mêle, soit pour d’autres raisons….

Dr Jacqueline Kerjean

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