À quel moment notre entourage s’est-il aperçu de notre dépendance ?
Réunion du 21 juin 2019
Thème :« À quel moment notre entourage s’est-il aperçu de notre dépendance ? »
La dépendance à l’alcool s’installe souvent de manière insidieuse et commence par des périodes de
consommations adaptées, souvent festives et en groupes pour les hommes, peut-être déjà solitaire
pour les femmes . La maladie alcoolique reste très difficile à appréhender car elle est encore trop
méconnue du grand public du moins dans ses causes profondes .
Au début, l’entourage peu informé, ne se méfie pas parce que les gens ne se décident pas de changer
leur raison de boire ni d’augmenter leur consommation d’alcool du jour au lendemain . Ils glissent
progressivement d’une consommation sociale normale à la zone « presque alcoolique »
« On ne devient pas alcoolique du jour au lendemain »(Pr Michel Reynaud)
« Au départ, on ne s’aperçoit pas,les écarts restent supportables, mais après avec l’agressivité et la
violence ce n’est plus ni tolérable, ni supportable ».
« C’est dur de dire quand mon entourage s’est rendu compte car je buvais en cachette ».
« Quand je venais chez mes parents, je buvais régulièrement et ils ne voyaient rien. Mais lors de
ma séparation avec ma copine ,ils se sont doutés de ma dépendance à l’alcool ».
« Pour ma famille, c’était difficile de s’apercevoir de ma dépendance à l’alcool parce que j’étais
toujours sur le même bord ».
« Moi, j’étais dans le B.T.P., ma femme voyait mes yeux brillants en rentrant du boulot »
« Mon épouse ne s’est rendue compte de mon alcoolisme, que le jour où mon patron l’a prévenue. »
Boire par habitude plutôt que par plaisir constitue l’un des signaux d’alarme d’une consommation
nocive d’alcool .Mais, certains signes ne trompent pas .Quand il y a perte de contrôle, survenue de
dommages et répétition du comportement, agressivité, on est dans une forme de la maladie même si
elle est modérée .
Boire seul ou avoir des petits incidents liés à l’alcool met la « puce à l’oreille »…
« Mes parents venant chez moi par hasard, ont vu les « cadavres » et ont bien vu que j’avais un
problème d’alcool . Pourtant ,malgré plusieurs accidents de voiture ,ils ne s’en doutaient pas » .
« L’entourage, c’est aussi les collègues de travail . Ils se rendaient compte de mon comportement
agressif quand je n’avais pas ma dose . Je buvais du « rosé » en disant que c’était de la
« grenadine » jusqu’au jour où le patron a senti…
« Au travail aussi ,j’ai eu une menace de « mise à pied » . Je rentrais tard à la maison
régulièrement et ma femme constatait l’état du bonhomme »…
« J’allais souvent chez les flics, donc l’entourage comprend qu’il y a un problème . Les accidents
de voiture sont fréquents, les problèmes avec la police, la justice,l’entourage n’est pas dupe . »
« J’ai perdu 3 fois mon boulot . Ma femme alors s’en est rendu compte :plus de permis, plus de
boulot… »
Et puis surviennent les problèmes de santé psychiques et physiques plus ou moins rapidement et
plus ou moins graves :Troubles du sommeil ,fatigue, déprime, baisse de performances au travail
,ulcères etc…des symptômes que l’alcool peut paradoxalement soulager dans un premier temps
,avant d’en devenir la cause .
« Mon mari a pensé que je faisais une dépression ,mais quand il a trouvé les « cadavres »il a
compris ma dépendance ».
« Le corps change, on perd l’appétit ,on maigri beaucoup, le faciès ne trompe pas , il y a un laisseraller, un manque d’hygiène, des poches sous les yeux, les matins difficiles,une mauvaise haleine…
« Ma femme me voyait trembler et vomir le matin ,elle a compris .
Alors ,il est plus que temps de réagir et c’est encore l’entourage qui peut orienter, aider et soutenir
le malade dans une démarche vers les soins et l’abstinence pour retrouver une vie meilleure.