Soutien-Addicts Hennebont

Nos différents parcours de notre maladie

Réunion du 19 juillet 2019

Thème : « Nos différents parcours de notre maladie »

La plupart du temps, l’abus d’alcool est associé à l’ivresse ou à l’alcoolodépendance .Cette attitude
caricaturale permet de stigmatiser certains comportements tout en donnant des excuses pour
justifier sa propre consommation . Pourtant l’alcool devient problématique avant l’ivresse et ce n’est
pas le : « A consommer avec modération » qui va effrayer le buveur puisque les publicités qui
fleurissent partout ont pour but de faire consommer plus ! …
Le glissement de la consommation contrôlée à la dépendance se fait insidieusement . On peut très
bien être en train d’installer sa dépendance sans s’en rendre compte, c’est souvent très progressif .
C’est pourquoi , les parcours varient selon les individus et les circonstances.
Certains commencent très tôt ,déjà à l’adolescence :
« Ado, j’aimais faire la fête, toujours l’alcool et les drogues, mais après je ne gérais plus rien… »
« A 17 ans ,j’ai commencé l’alcool, à 20 ans l’armée ,puis le travail et après le travail la tournée
des bars puis les fameux V.S.D. »
« Je ne sais pas trop à quel moment cela a démarré ,je suis toujours dans le questionnement …
Et puis, il y a des habitudes dans le monde du travail et « des rituels de boisson s’installent au
boulot et sans faire attention on continue à la maison » :
« J’ai commencé jeune pour vaincre ma timidité ,puis au travail il fallait faire comme les anciens »
« Au début, au travail, je ne buvais que du jus de fruit, mais j’ai été obligé de boire pour me faire
accepter et peu à peu je suis devenu dépendant ».
« Et quand on ne peut plus passer un week-end sans boire ,c’est qu’on a un réel problème… »
L’entourage ne supporte pas la situation :
« J’ai rencontré une fille qui m’a dit :c’est moi ou le copains . Je me suis marié ,mais toujours
l’alcool, tous les week-end des engueulades, un jour elle est partie »…
« Après notre séparation, j’étais effondré et je buvais de plus en plus . Je suis revenu chez mes
parents et c’est là qu’ils ont compris mon alcoolisme . J’ai eu un déclic, celui de me faire soigner »
« Mon épouse a eu ras le bol et avec la retraite çà été la catastrophe . Je buvais tous les jours,
donc il y a 6 mois j’ai pris la décision de me faire soigner »…
« Je n’étais pas préparé à la retraite et je me suis mis à boire . J’ai accroché vite 8 à 10 mois
,j’étais dépendant . C’est un anxiolytique efficace . »
Il y a les aléas de la vie :« Nous les femmes ,c’est pas festif, mais c’est pour palier un coup dur dans
la famille . J’ai fait une grosse dépression et lorsque je suis revenue de l’hôpital, j’ai retrouvé et
revu tout ce qui n’allait pas avant et c’est là que j’ai compris»…
« J’ai été obligé de mentir pour négocier un crédit ,parce quand on boit ,on est catalogué ».
Puis,il y a les méfaits et le coût de l’alcool au volant :drames de la route, drame familiaux, drames
de santé :« Après plusieurs accidents de la circulation ,moi je n’avais rien ,mais les gendarmes sont
venus et je perdais mon permis ,mais pas mon travail . En changeant de patron ,je suis resté
abstinent assez longtemps, mais pour faire plaisir à un collègue j’ai repris l’alcool, il me manipulait
. Après un autre accident , j’ai eu le déclic et je me suis fait soigner, maintenant je suis abstinent » .
« On est tous différents face à l’alcool, le cerveau est complexe et c’est très sournois . C’est difficile
à expliquer aux autres qu’on devient alcoolique car on le comprend pas nous-même . La solitude
,l’ennui ,la désocialisation sont certainement des facteurs de risque .»
Certes, le chemin vers l’abstinence est long et souvent difficile, mais il faut y croire, croire en soi,
croire en son avenir, croire en ses possibilités, se donner l’envie de changer . Ce qui compte ce n’est
ni le moyen ,ni la manière ,mais le résultat .
Il faut redresser la barre de sa vie au risque de la perdre définitivement .

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