Dans notre abstinence, qu’avons-nous gagné ou perdu ?
Réunion du 16 avril 2021
Thème : « Dans notre abstinence, qu’avons-nous gagné ou perdu ? »
A la sortie de mes 3 semaines de soins, çà été très dur. Je ne retrouvais pas la confiance et il a fallu
me batte tout en prenant le traitement que j’avais durant les soins. Au fil des jours, je tenais bon et
je me suis testé .Un week-end, je suis allé seul à une fête populaire et tout au long de l’après-midi la
soif se fit sentir . En m’approchant de la buvette, je me suis dit : « Je boirais bien une bière, ici
personne ne connaît mon problème ! » Plus j’allais vers la buvette, plus me me disais : « Non tu
boiras un Perrier » . Mon souhait s’est réalisé et là, j’ai senti une force en moi car j’avais réussi à
dire « non ».
Depuis ce jour, j’ai continué de la sorte et voyant que je gagnais du terrain, j’ai trouvé le droit
chemin pour renoncer et dire « non » à l’alcool .
Heureusement , j’ai rencontré des personnes de « Espoir-Amitié » qu’ au début, je ne portais pas
dans mon cœur lorsqu’elles venaient me voir ,mais après leur départ ,je réfléchissais en me disant
qu’elles venaient pour la bonne cause . Je dis que c’est grâce à elles et ne sachant plus que faire
que j’ai accepté d’aller en soins .
J’ai retrouvé le goût de vivre, de me lever le matin en forme avec l’envie de faire les choses de bon
cœur, que ce soit au travail ou à la maison . Vivre normalement, sans mentir, de rentrer de bonne
heure à la maison après le travail et de vivre une vie de couple normale .
J’ai retrouvé la liberté de dire non à un verre d’alcool et de dire non tout simplement, avoir de
l’appétit et de profiter des repas réguliers en famille dans de bonnes conditions ! C’est une autre vie
car j’ai perdu l’esclavage que je vivais durant ces dernières années, des moments épouvantables
jusqu’à me dire : « jusqu’où je vais aller comme çà ? » …
Quel bonheur de retrouver la joie de vivre, de ne plus avoir peur d’être arrêté à un contrôle routier,
de pouvoir regarder les gens en face et d’avoir l’esprit clair lors d’une discussion .
Au travail, j’ai retrouvé la force de regarder mes chefs sans détourner mon regard et çà j’en suis
assez fier, car je baissais les yeux systématiquement lorsqu’un supérieur me parlait .
J’ai retrouvé la confiance des miens, au travail et dans le cercle amical où je n’étais plus que celui
qui allait finir la soirée soit à dormir complètement défoncé ,soit énervé et bien souvent cela
terminait mal …
J’ai retrouvé un rythme de vie normal et les finances qui ne s’évaporaient plus pour rien .
Dès ma sortie des soins, j’ai adhéré à l’association qui m’aide et qui me donne la force d’avoir une
abstinence heureuse et durable . Je suis heureux de venir régulièrement aux réunions et de
participer à toutes les manifestations qui peuvent avoir lieu . J’y ai trouvé des amis avec qui je peux
parler de ce fléau sans être jugé .
J’ai au moins gagné quelque chose de très important dans ma vie : la santé, un corps sain et une
vie heureuse .
Bien sûr, j’ai perdu quelques copains de comptoir à qui je disais bonjour, mais ils ne m’intéressent
plus et je pense qu’en ne payant plus de tournées, je ne les intéresse plus non plus …
S’engager dans une association peut aussi briser le tabou qui entoure encore trop souvent la maladie
alcoolique . Ce malaise s’explique : celui qui boit trop dérange . Celui qui cesse de boire dérange
aussi , car il tend à l’autre un miroir sur sa propre consommation et cela donne à réfléchir …