Comment les malades perçoivent-ils les recommandations de l’entourage pendant leur maladie ?
Réunion du 17 février 2023
Thème : « Comment les malades perçoivent-ils les recommandations de l’entourage pendant leur maladie ? »
Le point de vue des accompagnants :
Honte, mensonge, isolement, violence, vivre avec une personne alcoolique est un drame
quotidien . Pourtant, pendant longtemps, on pense d’avantage à l’en sortir qu’à s’en sortir soimême .
Voir se dégrader de jour en jour une personne que l’on aime et se savoir impuissant ronge la
plupart des proches .
« On se fait du souci pour eux et ils ne comprennent rien du tout ».
« C’est même de l’indifférence, ils ne se rendent pas compte de leur réaction et de ce qu’ils
disent » .
« Ils mentent constamment et on le sait , mais il ne faut surtout rien dire le jour même ,il
faut en parler après » .
« Systématiquement le malade nous agresse verbalement et c’est toujours de notre faute » .
« Quoiqu’on dise, on a toujours tort ,même quand on ne dit rien … »
« Ils cherchent des problèmes là où il n’y en a pas » .
« Les co-dépendants ont toujours peur .
« On a peur de la violence pour nous et pour les enfants . On est toujours sur nos gardes
même le jour où le malade n’a pas consommé. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter dans
certains cas, à lancer un ultimatum » .
« Il faut arriver à poser les limites de ce qu’on accepte et ce qu’on ne tolère pas » .
La question qu’un proche se pose inévitablement :
« Comment l’aider ? »
L’important est de tenter de maintenir le dialogue malgré tout et encourager sans dicter .
Essayer de dialoguer calmement quand la personne n’a pas bu . Il suffit de lui parler de nos
inquiétudes, de nos soucis et de nos angoisses, mais éviter de culpabiliser, de condamner, de
faire des reproches, de menacer et d’imposer … Facile à dire ,mais plus difficile à faire ! …
Il est essentiel de connaître les mécanismes de l’alcoolisme et de s’informer sur la maladie
pour accompagner le malade à trouver de l’aide pour se faire soigner et pendant la période
du sevrage .
Les accompagnants qui viennent aux réunions avec les patients trouvent de l’écoute ,de
l’espoir et apprennent qu’ils ou (elles) ne sont pas seuls(es) dans ce cas là et que la maladie
alcoolique se soigne .
« Je suis apaisée de voir que je ne suis pas la seule dans cette situation à ne pas savoir
quoi faire pour aider un proche alcoolique »
« J’ai trouvé à l’association de l’espoir et de l’amitié » .
Un patient remercie .
« Vous avez raison de nous aider .On a de la chance de vous avoir gardés à nos côtés! »
M.F.C.
Réunion du 17 février 2023
Thème : « Comment percevons-nous les recommandations de
l’entourage pendant notre maladie »
le point de vue des patients :
la personnalité du malade alcoolique est très ambiguë :
« On les prend mal bien sûr, mais si on ne nous en fait pas, on n’est pas content non plus ! »
« Quand j’étais dans le déni je ne supportais pas ces recommandations, puis après avoir
pris conscience de ma maladie, j’acceptais ce que ma famille me disait ».
« Tout ce que Madame me disait était pris pour des reproches et cela empirait et je
repartais de la maison » .
« « On appréhende en rentrant à la maison. On ressent de l’agression lorsque vous parlez
,on ne ressent pas du tout de la bienveillance ».
« On a compris que c’était de la bienveillance qu’une fois que l’on est devenu abstinent ».
« J’ai fait souffrir mon épouse sans le vouloir, mais ce n’était pas moi ».
« C’est indépendant de notre volonté ». « On n’arrive pas à se commander ».
« Moi, je fais des reproches quand j’ai consommé et cela tourne très vite en disputes».
J’étais très agressif quand je n’avais pas assez d’alcool chez moi ou au boulot, dès que
j’avais ma dose, j’étais bien ».
« Quand on est vraiment dans le besoin, on trouvera toujours la solution » .
« Bien sûr, on sait qu’on a tort, mais le jour d’après on oublie et on replonge . On ne fait
même plus attention à ce que vous dites » .
« On est mal dedans et vous êtes mal à nos côtés ».
« Pour les accompagnants on était des « bêtes à abattre », toutes les autres femmes étaient
bien sauf la mienne ».
« Que ce soit le patient ou l’entourage, nous sommes toujours un peu sur nos gardes . Il y
a d’une part, la peur de reprendre un verre et d’autre part, la peur de revivre la même chose,
les mêmes peines et d’angoisse, de stress et de déception » .
C’est pour cela que :
« Dès que le malade a un comportement qui rappelle les moments d’alcoolisation, comme
se coucher plus tôt ou rentrer plus tard que d’habitude, l’entourage angoisse et pense à une
ré-alcoolisation »…
Il faut beaucoup de temps pour retrouver la confiance .
« Les accompagnants qui viennent aux réunions avec les patients trouvent de l’écoute, de
l’espoir et apprennent qu’ils ne sont pas seuls dans ce cas -là. Les malades sont heureux
aussi de pouvoir discuter ensemble de leur maladie et partager leurs expériences ».
C’est pourquoi :
« Espoir-Amitié » est une association d’entraide à consommer sans restriction autant pour
les patients que pour leurs accompagnants ».
M.F.C