Quand on rechute, on se dit qu’on n’arrivera jamais
Réunion du 17 mars 2023
Thème : « Quand on rechute, on se dit qu’on n’arrivera jamais »
Rechuter après une période d’arrêt de l’alcool est le plus souvent vécu comme un drame tant
par le malade que par son entourage . Autant les personnes directement touchées que leur
entourage vivent souvent les rechutes comme un échec et des pensées telles que : « ça ne
marchera jamais » viennent à l’esprit . Beaucoup faisant l’expérience de la rechute ont de
profonds sentiments de culpabilité et de honte, les proches se sentent trahis deviennent
irritables . De tels sentiments sont bien naturels et tous sont souvent découragés .
Déjà, il convient de faire la distinction entre une rechute et un dérapage, mais un dérapage
n’est jamais banal .Toute consommation d’alcool même minime est un danger qui peut être
la cause d’une rechute .
« Il est évident que pour éviter une rechute, il faut déjà reconnaître qu’on est malade . La
reconnaissance de la maladie alcoolique est déjà un pas énorme pour éviter de rechuter » .
« J’ai rechuté tout de suite en sortant de Calmette . J’ai essayé de me limiter , mais j’ai
replongé et avec persévérance, en me remettant tous les jours en question, j’ai réussi ».
« Quand on rechute, tout n’est pas foutu . J’ai replongé et je m’en suis sorti ».
« Il ne faut pas se mettre dans la tête qu’on n’y arrivera jamais . Même au bout de plusieurs
rechutes on peut toujours s’en sortir ».
Peut-on dire que la rechute est une chance ?
Les rechutes font partie du chemin de l’abstinence . La plupart des personnes qui se libèrent
d’une dépendance vivent des rechutes plus ou moins graves, parfois à plusieurs reprises . La
rechute permet de comprendre pourquoi elle s’est produite et comment l’affronter une
prochaine fois si elle se présente en situation semblable .
« J’ai rechuté pendant 2 jours parce que la bouteille de « Ricard» était restée en vue après
un repas avec des amis . J’étais mal, j’ai appelé quelqu’un à Calmette ».
« Quand je reçois du monde, je leur dis de se servir tout seul ».
« Quand les fêtes de fin d’année arrivent, je stresse, j’angoisse, çà rappelle des souvenirs » .
En dépit de l’évidence de la gravité de la situation et malgré l’intention de demeurer
abstinents, les patients alcooliques rechutent souvent .
« A cause de mes rechutes, j’ai tout perdu:ma femme,mes enfants, tout »…
« J’en suis à ma 3ème cure avec plusieurs addictions et après une tentative de suicide . Je
veux définitivement m’en sortir . J’ai 2 enfants et après 3 semaines à Calmette , j’aurai du
travail. Même si je sais que çà va être très dur, je veux à tout prix m’en sortir ».
« J’ai envie de retrouver une vie normale . Je suis jeune, j’ai déjà des problèmes de santé
,j’en suis conscient et je veux m’en sortir » .
Il est prouvé que les personnes qui adhèrent à une association font moins de rechutes et que
le risque diminue avec le temps .
« J’ai besoin de venir aux réunions chaque semaine pour tenir ».
« A l’association , avec les témoignages et les conseils des autres on se dit qu’avec de la
persévérance, on s’en sortira » . « L’association donne envie de se battre ».
Il ne faut pas hésiter à appeler son médecin , le service d’addictologie ou quelqu’un de
l’association, ne pas avoir honte d’en parler et surtout de ne pas rester seul.
M.F.C