Abstinence ou consommation modérée, que choisir ?
Réunion du 17 novembre 2023
Thème : « Abstinence ou consommation modérée, que choisir ? »
Pendant longtemps, le sevrage et l’abstinence définitive ont constitué les seules solutions
offertes aux personnes dépendantes de l’alcool en démarche de soins . C’est en effet souvent
la voie la plus sûre, notamment quand les personnes ont une dépendance importante ou des
problèmes de santé associés . En concertation avec le médecin, la réduction d’alcool peut
être envisagée comme une étape transitoire avant un arrêt ou comme un objectif à maintenir
durablement .
– « La consommation contrôlée est pourtant considérée aujourd’hui comme une option
thérapeutique aussi raisonnable et légitime que l’abstinence » .
– « Une consommation modérée peut être une étape vers l’abstinence, mais la chance la
plus grande de guérison est l’abstinence totale ».
– « Pour le malade qui se fixe une consommation modérée ce sera plus difficile à tenir
qu’une abstinence totale . Elle engendre une plus grande souffrance car l’envie est toujours
là » .
– « Moi, j’ai essayé une consommation modérée, pour moi ce n’est pas possible, çà ne
marche pas » . « Si je touche à une goutte d’alcool, je suis mort ».
– « Pendant 7 ans, j’ai essayé la consommation modérée . Entre cures et sevrages, à chaque
fois je rechutais, maintenant je suis abstinent depuis un an ».
– « J’ai repris un verre à un repas et 2 jours plus tard, j’ai retrouvé ma consommation
d’avant et même plus, la consommation modérée ne marche pas » .
– « Je ne crois pas à la consommation modérée . Mon cerveau a enregistré ma
consommation et au moindre verre je repartirai dans une consommation comme avant et
même plus » . « Moi j’ai dit, c’est l’abstinence ou rien » .
– « Je ne crois pas à la consommation raisonnée, j’ai essayé et çà été pire après . Si je
reprends un verre ,c’est foutu ! »
– « Je suis pour une abstinence totale, je ne pense pas que la consommation raisonnée est
possible pour moi » .
– « En tant qu’accompagnant, c’est difficile de vivre avec une personne qui a une
consommation raisonnée . On a peur tout le temps car le malade cache quand il replonge et
c’est difficile pour l’entourage ».
« Pour moi, la consommation modérée est un échec. Je l’ai vécue avec mon mari, rien ne
vaut l’abstinence totale ».
Mais, il n’est pas toujours facile d’accepter de ne plus boire du tout pour le restant de sa vie
car dans la société où nous vivons les occasions sont nombreuses . Mieux vaut réduire que
de ne rien faire avant d’envisager d’être abstinent plus tard .N’oublions pas que le malade
restera fragile toute sa vie face à l’alcool .
– « L’abstinence totale viendra un jour, c’est un jour à la fois . Je suis suivi dans différentes
structures de soins et je sais que j’arriverai un jour à l’abstinence totale ».
Arrêter ou diminuer sa consommation d’alcool implique un travail sur la motivation et
l’acceptation des difficultés à surmonter pour parvenir à cet objectif . Cette démarche
individuelle doit parfois se faire avec l’aide à plus ou moins long terme des professionnels
de santé qui savent que la consommation modérée est le rêve utopique du malade alcoolique.
M.F.C