Avec qui peut-on parler sans tabou de son ou de ses addictions ?
Réunion du 21 juin 2024
Thème : « Avec qui peut-on parler sans tabou de son ou de ses addictions ? »
« Au début, lorsque la personne est dans le déni et oublie tout ce qu’elle a fait, c’est très dur
de pouvoir échanger avec elle » .
« Quand on a une ou plusieurs addictions, il est très difficile d’en parler ou de demander de
l’aide à qui que ce soit, mais puisqu’on s’inquiète soi-même c’est que l’on est arrivé trop loin
« J ‘avais conscience que je consommais seul et un jour un copain me chambrait en me
traitant d’alcoolique gentiment . Alors, j’ai pris conscience que de boire de l’alcool à 10
heures du matin ce n’était pas banal. Mais, j’ai continué malgré la mise en garde d’une amie
qui finalement m’a quitté . Alors, j’ai compris que j’étais malade et je me suis fait soigner ».
« Des solutions existent, mais c’est loin d’être simple » :
« Le plus difficile c’est à la maison . Au début tout ce que j’aurais pu dire aurait été mal
interprété . Mon épouse ne savait pas que c’était une maladie » .
« Avec le médecin généraliste, même si c’est compliqué de lui parler de notre alcoolisme et
de nos addictions, il faut qu’il comprenne le problème du patient . Beaucoup de médecins
bottent en touche, mais s’ils sont conscients de la maladie de leurs patients, ils pourront les
orienter vers des médecins spécialisés en addictologie ».
« Ce sera plus facile pour le patient d’en parler avec le médecin addictologue car il a été
formé pour çà . Le dialogue sera plus facile et le patient sera plus rassuré d’aborder sans
peur ses problèmes ».
« Dans les structures de soins de cure ou de post-cure, ce sont des professionnels des
addictions, c’est plus facile d’en parler sans tabou. On voit des psychologues, des
infirmières en addictologie, on fait des activités qui nous aident tout en nous occupant » .
« Avec la famille ou les amis c’est plus compliqué » .
« Moi, je peux en parler avec ma maman, même si parfois elle ne me comprend pas . Je
peux aussi en parler avec mes enfants et ma sœur, mais je ne parle pas de mon addiction
avec le reste de la famille » .
« Quand j’ai pu parler de mon alcoolisme avec mon fils et que je lui ai dit que j’allais me
faire soigner, il a eu un grand sourire rempli de bonheur » .
« Vivant seul, je ne pouvais pas parler de mon addiction à l’alcool et j’en souffrais tout
seul . Je consommais seul le soir . Maintenant, je parle facilement de cette maladie, j’en ai
trop souffert ».
« Chez moi, à part mon épouse, mon fils et ma belle-fille et deux amis, personne n’est au
courant ». « Lors des repas de famille, je dis simplement que je ne bois pas d’alcool et c’est
tout » .« la première fois que j’ai été en soins je ne pouvais pas en parler, mais la deuxième
fois ma femme est venue avec moi et elle a compris que c’était une maladie . Mon fils n’a
plus honte de son père aujourd’hui » .
«C’est à l’association qu’il est le plus facile d’en parler et où on peut s’exprimer sans
tabou .C’est aussi très souvent à l’association que les accompagnants comprennent la
maladie et du coup le dialogue est plus facile et plus constructif ».
. « Didier et son équipe ne sont pas des professionnels, mais de par leur vécu, ils savent
mieux que n’importe qui nos difficultés pour aller vers l’abstinence . Ils m’ont été d’un
énorme soutien et j’ai adhéré à l’association « Espoir-Amitié » où je viens toujours avec
plaisir et aujourd’hui je suis abstinent ».
M.F.C