Soutien-Addicts Hennebont

Comment a-t-on vécu notre abstinence pendant le confinement ?

Réunion du 17 juillet 2020

Thème : « Comment a-t-on vécu notre abstinence pendant le confinement ? »

Le confinement vécu pendant plusieurs semaines est une expérience inédite pour tous .
Cette situation nouvelle peut engendrer ou favoriser une souffrance psychique importante et induire
des modifications du comportement . Car, être confiné implique à la fois d’être en mesure de
supporter l’anxiété, la frustration et le stress induits par cette situation.
On n’est plus libre de sortir, de se déplacer, de côtoyer qui l’on souhaite et l’interruption des
activités habituelles peuvent gérer un sentiment d’ennui et d’angoisse .
« Quand le confinement est arrivé, j’ai recommencé à boire, puis je me suis repris et j’ai arrêté ».
« J’étais très angoissé et le confinement s’est déroulé dans mon nouvel appartement . Cà été très
dur et j’ai re-consommé de l’alcool, j’ai appelé l’association, je me suis repris et depuis je n’ai pas
repris » .
« Moi, j’ai rechuté . J’ai bu quelques bières, j’ai essayé de rencontrer des gens qui ne buvaient
pas ,mais çà été dur. »De ma rechute, j’ai appris et du positif. Il faut dire aussi que j’avais arrêté
mon traitement avant le confinement et ceci a certainement contribué à ma rechute ».
« Pour moi, le confinement n’a pas été facile tous les jours par rapport à l’alcool . Etant privé de
certaines activités à l’extérieur, le temps était long »…
« Le confinement n’a pas arrangé les choses, mais je me suis pris en main et j’ai pris rendez-vous
avec mon médecin qui m’a prescrit un bilan sanguin » .
J’ai re-consommé un peu et j’ai appelé l’association et cela m’a remis le pied à l’étrier . J’ai repris
mon activité:la peinture » .
En effet, 3 problématiques se posent aux personnes en quarantaine :
-Supporter le confinement et l’isolement .
-Interrompre brutalement les activités habituelles.
-Etre capable de développer de nouvelles habitudes de vie .
L’ennui, le manque d’activité, l’isolement, le stress sont les principales raisons de l’augmentation de
la consommation .L’annulation des rendez-vous et la crainte de ne pouvoir accéder aux soins en
addictologie déstabilisent les malades qui ont le sentiment de ne plus avoir de « filet de sécurité ».
les parents et l’entourage doivent faire preuve de patience et d’imagination pour s’adapter aux
espaces, aux lieux et à l’organisation du temps, l’objectif étant de garder aux personnes en difficulté
le contrôle de leur consommation .
« Pour nous parents ,le confinement a été difficile par rapport à notre fils . Il a fait une rechute . A
la peur du virus, s’ajoutait la coupure avec les centres de soin et l’association, mais tout est revenu
presque normalement en retrouvant les occupations à la fin du confinement » .
« les problèmes familiaux ou autres ne doivent pas être le prétexte de s’alcooliser ou servir
d’excuses à une ré-alcoolisation .
« Je l’ai bien vécu ,je me forçais à me lever à des heures correctes pour avoir un rythme normal et
m’occuper l’esprit . Il faut arrêter de penser à ses problèmes et mettre son cerveau sur « off ».Il
faut aussi apprendre à s’ennuyer » …
« Moi, j’étais en post-cure et j’étais protégé. Si j’étais revenu à la maison, je me serais retrouvé tout
seul et là çà n’aurait pas été facile … »
L’alcool ne règle aucun problème, au contraire, il en crée .
Prenons soins de nous et des autres et face au virus toujours présent, restons vigilants …
M.F.C.

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