Se soigner ou mourir
Réunion du 16 juin 2023
Thème : « Se soigner ou mourir »
L’alcool est la 2ème cause de mortalité évitable en France après le tabagisme,
qui occupe la première place (73 000 décès par an en France).
Quant à l’alcool, il coûte la vie directement ou indirectement à
45 000 personnes par an.
Parmi ces chiffres, l’alcool est complètement responsable de
23 000 décès (cancers des voies aérodigestives, cirrhoses,
psychoses alcooliques ou mort prématurée liée à l’alcoolodépendance).
« Pour nous, les aidants, on voit les malades se dégrader de plus en plus et,
quoi qu’on dise, on a toujours tort. Ils n’assument pas leur addiction.
Ils trouvent toujours un coupable et nos réflexions sont encore autant
de prétextes pour s’alcooliser. »
« Devant les problèmes courants de la vie, ils ont moins d’armes pour les affronter.
L’alcool anesthésie, mais le lendemain les problèmes sont malheureusement
toujours là et quelquefois aggravés. »
« C’est un mal-être et leur façon de tout oublier, mais c’est aussi une destruction
lente, progressive ou carrément du suicide auquel on assiste impuissant. »
« Tenter d’arrêter l’alcool pour céder à la pression de son conjoint,
de ses enfants ou de ses collègues est voué à l’échec.
La guérison démarre le jour où le malade se dit :
« Cette fois, c’est terminé, ce verre était le dernier de ma vie. »
On appelle ça le déclic. »
« J’ai perdu ma mère à l’âge de 13 ans, j’étais soutien de famille.
J’ai vu ma famille sombrer dans l’alcool et des décès aussi à cause de l’alcool. »
« J’ai toujours été aidante et je suis restée malade.
Je suis restée enfermée chez moi et j’ai commencé à consommer.
J’ai bien conscience que c’est du suicide à petit feu. »
« Moi, c’est la culpabilité d’avoir fait ce que je faisais et j’avais l’impression
de faire des mini-dépressions, mais c’est la honte.
On n’est plus la même personne.
J’ai cassé plusieurs voitures et failli mourir plusieurs fois.
J’ai essayé d’arrêter plusieurs fois pour rester en vie et sauver ma famille. »
Le risque d’idées suicidaires, de tentatives de suicide et de suicides est
multiplié par deux ou trois chez les personnes atteintes de troubles liés
à la consommation d’alcool par rapport à la population générale.
Une consommation excessive d’alcool augmente le risque de suicide,
car elle altère la capacité de prendre des décisions et la maîtrise de soi.
« J’ai eu beaucoup d’idées noires et je pensais à ma famille.
Je ne suis pas passé à l’acte, pourtant je me disais que ma famille serait
mieux sans moi. »
« J’ai pensé aussi finir avec cette vie remplie d’emmerdes.
J’ai accroché plusieurs fois la corde par les deux bouts.
Une fois, j’ai réussi à me décrocher, d’autres fois je me suis repris
au dernier moment. »
« Ce n’est pas souvent une tentative de suicide,
mais un appel au secours. »
« Moi, plusieurs fois, je me disais qu’un petit tour de volant du camion
que je conduisais dans une pile de pont et tous mes problèmes s’arrêteraient.
Je n’ai jamais eu le courage, et c’est tant mieux.
Pour finir, j’ai fait une tentative de suicide (alcool + médicaments)
et j’ai fini à l’hôpital.
Là, en voyant ma femme venir me voir, j’ai eu le déclic de finir avec
cette vie d’ivrogne. »
« Moi, c’est la même chose.
La retraite étant là, je buvais de plus en plus.
Mon épouse me voyait toujours à bloc.
Au bout de deux ans, ma femme m’a dit qu’elle allait me quitter.
J’ai décidé de la quitter avant et j’ai fait un mélange alcool + médicaments.
J’ai appelé mon épouse et je me suis réveillé à l’hôpital.
On m’a dit : soit je continuais à boire, soit je me soignais.
Je suis allé en soins trois semaines à Calmette,
où j’ai rencontré un membre de l’association
« Espoir-Amitié Hennebont ».
Depuis, tout va bien pour moi et mon épouse.
Ça fait quatre ans. »
« Il y a six mois, mon frère a fait une tentative de suicide.
Moi aussi, je n’arrivais pas à m’en sortir et j’ai fait plusieurs tentatives.
Mais maintenant, je suis là auprès de vous. »
« Ça fait deux mois que je suis abstinent.
La dernière fois, j’ai fait n’importe quoi.
J’en ai eu ras-le-bol.
J’ai appelé l’association et j’ai décidé de me soigner.
Cette fois, le Bon Dieu m’a fait une fleur,
mais ça n’aurait pas pu durer. »
Chaque année en France, 30 % des accidents mortels de la route sont dus
à une prise excessive d’alcool.
Beaucoup de ces décès pourraient être évités si tous les conducteurs
respectaient la consigne :
« Boire ou conduire, il faut choisir. »
« J’ai eu un accident de voiture et, suite à cela,
j’ai eu des idées suicidaires.
Avec l’aide d’un copain et de mon médecin,
j’ai décidé de me soigner, ce qui m’a évité la mort. »
« Pour se soigner, il faut en avoir envie.
Cela doit venir du malade, mais les aides sont précieuses. »
« Quand on dit mourir, l’alcool est responsable de plusieurs types de morts :
accidents de voiture, accidents du travail, maladies
(cirrhose, cancer, psychoses, suicide).
L’alcool est une roulette russe constante. »
Il n’existe pas dans le milieu du travail de sujet de débat aussi sensible que
celui de l’alcool, car à lui seul il est responsable de 10 à 20 % des accidents
du travail et impliqué dans 40 à 45 % des accidents mortels.
« Quand on se soigne, on constate les bienfaits physiques :
moins de tremblements, moins de transpiration, moins d’anxiété,
moins d’insomnies, moins de risques et moins de fatigue. »
« Se soigner n’a que des effets bénéfiques,
tant physiques que psychologiques,
pour le malade comme pour l’entourage.
L’alcool peut entraîner la mort du malade,
mais quelquefois aussi celle de quelqu’un d’autre. »
« Quand dans la vie arrivent de gros pépins,
il est indispensable de se soigner pour y faire face. »
« Quand on se soigne, ce n’est que du positif
et cela peut nous éviter la mort. »
Selon le C.D.C.,
la consommation excessive d’alcool fait perdre en moyenne
un an d’espérance de vie en raison des maladies et accidents qu’elle cause.
Alors, « aimons-nous vivants » !
Et « elle n’est pas belle, la vie ? »
* Center for Disease Control – M.F.C.