Soutien-Addicts Hennebont

Aidants : Communication non violente et problématique alcoolique

La Communication Non Violente au service du soutien aux aidants dans l’accompagnement des personnes dépendantes à l’alcool.

Difficile de savoir trouver les mots, d’avoir la bonne réaction face à l’alcoolisme d’un proche, qu’il s’agisse d’un conjoint, d’un parent, d’un(e) ami(e), d’un voisin(e)…

Comment aider les personnes en souffrance ? Qu’il s’agisse des malades alcooliques eux-mêmes ou de personnes proches qui ne savent plus comment faire, quoi dire… et /ou qui parfois se sentent démunies, découragées…

C’est en qualité de formatrice en Communication Non Violente, que je suis intervenue à la demande de l’association AMAFE (Accompagnement des Malades Alcooliques pour les Femmes et leur Entourage) au Centre de Kerdudo à Guidel. Mon intervention visait à accompagner et former des bénévoles d’associations et des professionnels œuvrant dans l’accompagnement de personnes ayant ou ayant eu une dépendance à l’alcool.

La transmission de la démarche C.N.V. ou Communication Non Violente visait à soutenir les associations et leurs membres dans leurs échanges au sein de leurs associations ou dans leur travail d’aide, et d’accompagnement quotidien.

 

La Communication Non Violente (CNV)

La Communication Non Violente (que j’abrège en CNV) est une approche mise au point par Marshall Rosenberg, docteur en psychologie. Elle repose sur 4 « balises » terme que j’emprunte volontiers à la navigation parce que les balises en mer sont des points de repères fixes qui visent à aider le marin dans sa navigation.

De la même façon, les 4 points de la CNV sont des points de repère pour nous aider à communiquer et nous orienter dans la relation à soi ou à l’autre.

 

Les 4 points de la communication :

  1. Mettre de la clarté sur les faits dans la situation, parce qu’une observation des faits, dénuée de jugements ou d’interprétations, favorise le dialogue.
  2. Se relier au sentiment dans la situation (joie, colère, peur, tristesse, …)
  3. Développer la conscience des besoins dans la situation (soutien, écoute, respect, attention, reconnaissance, … )
  4. Adresser une demande concrète, positive… (Serais-tu d’accord de … ?)

 

Voici la base de la manière dont la Communication Non Violente se décline :

  Pour SOI Pour L’AUTRE
OBSERVATION (O) Quand je vois …

Quand j’entends …

Quand tu vois …

Quand tu entends …

SENTIMENT (S) Je me sens … Te sens-tu … ?
BESOIN (B) Parce ce que j’ai besoin de … Parce que je j’aurai besoin de … ?
DEMANDE (D) Et maintenant, je souhaiterais … Et maintenant, tu  souhaiterais … ?

 

Concrètement, voilà ce que cela donne :

Quand tu vois que ta fille s’est alcoolisée la nuit dernière et que ta petite fille de 8 ans t’a appelée au téléphone (O) à 1h00 du matin, est-ce que tu t’es sentie à la fois très en colère et profondément découragée (S) ?

Aurais-tu besoin d’aide, et d’échange sur la situation (B) ?

Souhaites-tu que nous en parlions (D) ?

Pas toujours très facile de dire, de trouver les mots quand la situation est bloquée. La Communication Non Violente nous donne des repères. Le simple fait de parler en disant « Je », c’est-à-dire en prenant la responsabilité de ce que l’on vit, est facilitant dans la relation.

Exemple : « Depuis un certain temps, j’observe que … et je suis inquiète. J’ai besoin de comprendre ce qui se passe. Serais-tu Ok pour que l’on parle ? »

En procédant comme cela, j’évite les habitudes de communication qui démarrent le dialogue en accusant l’autre : « Tu es inconsciente de faire cela … » en rejetant la faute sur l’autre…

Ce processus est simple en théorie, et pourtant, difficile dans la pratique parce que nous avons des habitudes de pensée et de langage ancrées …

 

Le fil conducteur de ces 4 journées

Le fil conducteur de ces 4 journées aura été de vraiment soutenir la capacité des personnes à « s’écouter », à prendre soin d’elles-mêmes avec notamment une attention :

  • à la gestion des émotions difficiles,
  • à la capacité à se relier à ses besoins, à les verbaliser, à les « écouter » … et à développer de la bienveillance pour soi… avant tout.

Ce fût vraiment un parcours très beau et je remercie chacun, chacune. Merci pour tout ce qui a été partagé, reçu.

 

Josiane Perramant
Formatrice certifiée en Communication Non Violente (CNV)
Animatrice certifiée en Journal Créatif.

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