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Ancienne alcoolique, Jessica « vit aujourd’hui une abstinence heureuse »

Hennebont. Ancienne alcoolique, Jessica « vit aujourd’hui une abstinence heureuse » - Soutien-Addicts Hennebont

Au début, je ne buvais que le week-end. Deux verres de bulles. Mais cela ne me
suffisait plus. Et puis, c’est venu comme une petite récompense de fin de journée. Ça s’est
accentué tous les soirs. J’ai commencé à cacher une bouteille dans ma chambre. Je
buvais pour bien m’endormir le soir. C’était histoire de m’anesthésier. Très timide, boire me
permettait aussi d’être plus à l’aise. Le soir, c’était commode car les enfants étaient
couchés et mon conjoint travaillait de nuit.

« Je commençais à avoir des pertes de mémoire »

Et puis ces bulles ne me faisaient plus autant d’effet. J’ai commencé à piocher dans le
placard à alcools forts et je buvais à la bouteille tout ce qui me tombait sous la main. Mon
mari n’y voyait que du feu et les collègues de travail ne remarquaient rien. Mais je
commençais à avoir des pertes de mémoire, des tremblements. Il faillait faire quelque
chose.

Je suis allé au centre de soins de Douar Nevez, à Lorient. J’ai rencontré un infirmier, j’ai
eu un entretien mais je n’ai pas tenu. Je ne m’en sortais pas. J’éprouvais un sentiment de
honte, honte de reproduire l’image de mon père alcoolique. J’en ai finalement parlé à ma
mère qui a alors appelé Didier Le Rézollier (N.D.L.R. : président de l’association EspoirAmitié). C’était en avril 2021. Il m’a expliqué que ce qui m’arrivait était une maladie et ça
m’a déculpabilisé. Je suis allée aux réunions de l’association.

« On a travaillé les émotions enfouies, ça a été un déclic »

Il y a eu de grosses rechutes. C’était boire pour boire et j’étais dans un état déplorable.
J’ai eu un accident de voiture et j’ai chuté plusieurs fois à vélo. Didier m’a alors proposé de
participer au programme d’Éducation thérapeutique. Au sein de ces ateliers, j’ai beaucoup
appris. On a travaillé sur les émotions enfouies. Chaque semaine, je rencontrais médecin,
psychologue, infirmier. Ça a été le déclic. J’ai vraiment eu envie d’arrêter complètement
l’alcool.

Pas facile de vivre les fêtes familiales en ne buvant que de l’eau. Mon conjoint, très
famille, a mal accepté la situation. J’ai senti un décalage et j’ai pris conscience qu’il ne
m’apportait rien. On a fini par se séparer. Avec mes enfants de 8 et 13 ans, ça s’est bien
passé et on a beaucoup discuté. Ils m’ont même accompagné aux réunions d’EspoirAmitié. J’ai eu envie de compenser par le sport et je suis adepte de la course à pied.

Depuis un an et demi, je ne bois plus et je vis une abstinence heureuse. Je mène une vie
normale et je peux même avoir chez moi des boissons sans avoir envie d’y goûter. Quant
à l’association, j’ai envie de m’y investir pour aider à mon tour les autres. »

(1) Jessica est un prénom d’emprunt.

17/01/2023 – Ouest-France

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