Ancienne alcoolique, elle vit aujourd’hui une « abstinence heureuse » dans le Morbihan

Fanny (prénom d’emprunt) a 64 ans, est retraitée, vit à Hennebont et se dit « libre », libre « de rien et de personne ». Après un long combat contre l’alcoolisme, elle témoigne. Aujourd’hui membre de Soutien-addicts Hennebont, elle va faire partie de son conseil d’administration.
Didier Le Rezollier est président de Soutien-addicts Hennebont (Morbihan) et Charles Poirier, secrétaire adjoint. Et bientôt, Fanny va rentrer dans le conseil d’administration de l’association. Voici son témoignage.
« Voilà plus de dix ans, après de lourdes épreuves et une dépression, j’ai basculé dans l’addiction à l’alcool. Ce fut tout d’abord d’une manière insidieuse, puis une consommation de plus en plus rapprochée, au fil des jours. Une descente aux enfers, toujours rattrapée par mes démons, la honte me gagnait mais la volonté ne suffisait pas. Après une prise de conscience, je me suis tournée vers une association de soutien, à Hennebont. Là, j’ai découvert le non-jugement et j’ai compris que je n’étais pas seule dans cette situation. Cela n’était pas gagné mais ce fut un facteur déclenchant.
Des mois de soins successifs Hospitalisée à l’EPSM Charcot, j’ai pu mettre des mots sur ma souffrance et être aidée psychologiquement. Ensuite, des séjours en centre d’addictologie ont été nécessaires dont Calmette et le centre de Kerludo, à Guidel, pour une durée de trois mois, à deux reprises. La confiance est à peu près revenue ainsi que l’estime de moi-même. Ce long parcours a été nécessaire. Anémiée par la consommation d’alcool, j’ai également eu recours à des infirmiers qui venaient, chaque matin, me remettre mes médicaments, m’obligeant à me lever, à m’apprêter et échanger. Je les remercie grandement. Puis, sur les conseils du médecin addictologue, j’ai commencé à cocher les demi-journées, les journées, les semaines, les mois d’abstinence. Ce fut aussi un bon support.
Sobre depuis plus de deux ans Sobre depuis plus de deux ans, je vis aujourd’hui, une abstinence heureuse et dans la sérénité. Ce long parcours a, pour moi, été un passage obligé dans ma reconstruction. À présent, la vie me sourit, des portes se sont ouvertes en plus d’un entourage bienveillant. Cependant, je me dois d’être toujours vigilante car l’alcoolisme est une maladie dont on ne guérit pas.
Si, à travers ce témoignage, je peux aider une personne, ce sera une victoire partagée ! J’ai également redécouvert mes passions et je peux m’y atteler sereinement.